« Je n'arrive pas à dormir ce matin. Je regarde tout le temps mon radio-réveil, je crois que les minutes ont décidé de faire grève aujourd'hui. A croire qu'elles le font exprès. Tant pis, je décide de me lever. Je jette un dernier regard sur la montre qui indique depuis une éternité 4h26. Sans faire de bruit, je monte dans la salle de bain, je me rince la figure et regarde fixement le miroir. Et bien, un an de plus ou pas, j'ai la même sale tête que d'habitude ! Je redescends les escaliers en essayant de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Charly qui dort dans le salon. Charly c'est mon chien, un labrador, en général je n'ai jamais aimé les chiens, ça mord et ça pisse partout si on fait pas gaffe. Seulement lui Charly c'était différent, un connard à fait la connerie de le laisser sur le bord de la route. J'aurais pu faire un meurtre s'il avait été là ! Mais bon maintenant il fait partie de la famille et c'est pas plus mal. J'arrive enfin dans la cuisine. J'ai faim, mais j'hésite entre des céréales et du pain grillé au beurre. Après une longue minute de réflexion, j'opte pour les céréales. C'est en voulant attraper le bol avec mon nom écrit en rose barbi dessus que je remarque un post-it sur le frigidaire. Sachant à l'avance ce qu'il y a marqué dessus je continue la préparation de mon précoce petit-déjeuner. Je m'installe à table et mange avec une extrême lenteur ces morceaux de céréales, d'ailleurs je n'avais jamais remarqué à quel point ils sont infects. Réfléchissant à ce dont je vais bien pouvoir faire en attendant 7h30, je ferme les yeux et ne remarque même pas que papa est rentré du boulot. Il travaille de nuit depuis toujours mais je n'ai jamais su retenir ses horaires de travail. A vrai dire je n'ai jamais fait l'effort de les retenir, ça m'est complètement égal. Avant d'avoir réussi à l'éviter, il s'assoit doucement à côté de moi. Puis il me regarde fixement, et murmure un vague petit « joyeux anniversaire ma chérie ». Juste par politesse, je lui dis merci. Mais je le déteste quand même, je l'ai toujours détester et c'est pas parce que c'est le premier de la journée à avoir pensé à mon anniversaire que ça va changé, d'ailleurs c'était pas si dur avec tous les post-it affichés partout avec écrit dessus en rose encore « bon Anniversaire Vanessa ». Puis il se lève est remonte se coucher, sans même se demander qu'est ce que je peux bien faire à cette heure-ci dans la cuisine. Après réflexion, c'est mieux qu'il ne m'ai rien dit, avec ma tête à 4h45 le matin, je n'aurais pas trouver la force d'inventer une excuse assez potable pour qu'il me lâche enfin. Tout bien réfléchis c'est vraiment dégueulasse ces céréales, comment peuvent-ils oser vendre ce genre d'aliments ! Enfin bon je n'ai pas la tête à penser à ça. Je déteste les anniversaires, et manque de chance aujourd'hui c'est le mien, et encore mieux il faut que ça tombe sur un jour de classe, à croire que d'avoir son anniversaire c'est pas déjà assez chiant il faut en plus que tout le monde vous harcèle pour vous le souhaiter. Bon qu'est ce que je vais faire en attendant mon bus. J'ai vraiment la tête qui marche plus aujourd'hui, c'est vraiment la poisse ! Bon je monte et prends ma douche, ça fait passer le temps en plus de rendre propre. Je retourne dans ma chambre et choisis mes plus beaux vêtements, je vais quand même pas arrivé comme une clocharde même si ça me permettrais de repousser les gens au moins ils ne me feraient pas chier. J'emporte tout mon attirail et me prépare. En lançant un regard au miroir, je me fais peur. Imaginez une botte de paille avec des bigoudis, ça vous donne ma tête toute crachée. Je jette un coup d'½il à l'horloge. 7h15. et voilà je me lève 3 heures plus tôt et j'arrive encore à être à la bourre. Pff. Je me coiffe tant bien que mal, descend les marches 4 par 4, attrape mon sac et sort par la porte d'entrée sans même dire un mot. Je cours un peu pour pouvoir prendre mon bus qui est sensé être à mon arrêt dans 5 min à l'autre bout du village. Je presse encore le pas mais arrive quand même tout juste au moment où il s'apprêtait à repartir. »
